La Blogothèque http://www.blogotheque.net Fri, 05 May 2017 08:19:52 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.8.1-alpha Tamer Abu Ghazaleh http://blogotheque.net/2017/05/03/tamer-abu-ghazaleh/ http://blogotheque.net/2017/05/03/tamer-abu-ghazaleh/#comments Wed, 03 May 2017 08:46:10 +0000 http://blogotheque.net/?p=25400 Le premier a lieu sur la mer. Elle a l’apparence d’un champ de blé. Elle ondule, elle est douce. Les blés sont murs. Il n’y aucun rivage en vue. Nous sommes sur un bateau. Un membre de la famille est emmitouflé dans une grande écharpe rouge. Il tient la barre. Le rêveur lui tient les rames. Le rêveur est en réalité une femme. Elle plonge les rames dans l’eau lisse et fluide, elle en déplace les masses liquides. Elle raconte tout à sa mère quand tout a déjà eu lieu. Elle est effrayée. C’est que dans le rêve, lorsqu’il semble qu’au loin  on aperçoive  enfin la terre, voilà qu’un cygne blanc se pose sur la tête du capitaine, toujours à la manoeuvre, derrière la barre. Alors le vent souffle, siffle et se rue dans les voiles. Le bateau ne tarde pas à chavirer. L’attention se porte maintenant sur le capitaine. Il semble comme marcher sur les eaux. Il ricane, tandis que les autres hurlent d’effroi et que les corps sont plongés dans les vagues de la mer démontée. La femme est de ceux-là. L’autre, le cygne blanc posé sur la tête, rit toujours, et il part loin, loin. Rah be’id yamma khales. C’est du moins ce qu’en dit le poète égyptien Naguib Sourour.

Tamer Abu Ghazaleh a simplement appelé ce fragment « rêve ». « Helm » en arabe. C’est le premier extrait son dernier album, Thulth, qu’il nous joua ce soir-là.  Il faisait froid.  C’était à la fin du mois de février. On s’était retrouvé dans une rue du 18ème arrondissement. Emmitouflé dans sa doudoune, Tamer n’était pas venu seul. Il avait emmené avec lui le pianiste Shadi El- Hosseiny et quelques uns de ses amis, Adham Zidan, Mahmoud Waly et Khaled Yassine, présents sur la tournée. On s’amuserait des souffles que l’on voyait sous la lumière jaune des réverbères et des mots qui partent en fumée. C’est l’actrice et chanteuse égyptienne, Donia Massoud, qui a mis pour la première fois le texte de Sourour sous les yeux de Tamer. Elle l’avait trouvé dans un poème du dramaturge intitulée Yassine Wa Bahiya, une histoire de Haïdoucs telle que les raconte Panaït Istrati : le viol de la fiancée du jeune Yassine cristallise la rancoeur contre l’ordre féodal d’une communauté paysanne et est à l’origine d’une révolte contre le Pacha responsable du crime. Yassine est assassiné. La légende dit qu’il reviendra à sa bien aimée sous la forme d’un cygne ou d’un papillon. C’est Bahiya qu’on entend parler dans “Helm”. La pièce est toujours jouée en Egypte ou adaptée par des compagnies de danse ; la signification de la pièce s’accordant volontiers des circonstances politiques pour prendre de nouvelles significations, comme ce fut le cas en 2011. Naguib Sourour dont la carrière fut météoritique est tout autant un poète adulé que considéré comme sulfureux pour ses prises de positions politiques et sociales explicites (notamment contre le régime de Nasser et de Sadat). Tamer Abu Ghazaleh raconte que ce soir-là, les vers choisis par Donia se sont mis à tourner dans sa tête, et que l’émotion qu’il ressentit fut tellement forte qu’il ne lui fut possible de trouver le sommeil que lorsqu’il eut fini d’en composer la mélodie. L’écrire répondait à une nécessité.

On boit un peu de whisky à La Timbale, où Stéphane et Marie nous ont accueillis, le temps d’accorder méticuleusement le oud. On sera plusieurs à garder en mémoire, le front penché de Tamer sur les belles sinuosités de l’instrument, tournant les chevilles de l’instrument, jetant des regards furtifs vers nulle part, comme pour laisser l’oreille le guider. Shadi s’installe au piano.

Le premier rêve laissera place à un second. Cet autre rêve, Tamer Abu Ghazaleh I’a appelé « Takhabot ».  Tamer dit que c’est un mot qui signifie en arabe « la clameur », « l’agitation » mais qu’il décrit aussi un état dans lequel serait celui qui court dans un sens et viendrait s’écraser contre un mur puis qui repartirait pour venir s’écraser contre un autre. Le soleil y semble comme bloqué à son zénith sous l’effet d’une ivresse qui suspend le cours du temps. On s’endort pourtant pendant cette journée sans fin qui est aussi une première nuit. Dans ce bain d’irréalité dans lequel le rêveur ressemble à un autre, rêvé, on y cuisine la racine du taro, on la fait frire avec des oignons, tandis que l’art culinaire se meut en alchimie ou en géométrie verbale. On assiste à la naissance d’un mot. Celui-ci est offert à une altesse lors d’un baiser aux senteurs d’oignons qui déchaîne à son tour les tempêtes. Les morsures du soleil se réveillent alors comme des claques. Comme dans la poésie baroque, on dort et on est éveillé, on boit et on brûle en même temps, de toutes sortes de feu. Certains feux verraient leur sens précisé lorsqu’on apprendrait que c’est entre 2001 et 2005, à Ramallah, durant la Seconde Intifada que Tamer a écrit les paroles de « Takhabot ».

Tamer Abu Ghazaleh est palestinien. Il a 31 ans. Il vit au Caire. Il compose, chante, joue du oud depuis l’âge de 4 ans et pratique toutes sortes d’instruments (piano, buzuq, harmonium). Il a enregistré un premier véritable album en 2006, une merveille qui s’appelle Mir’ah, essentiellement composé pour oud et voix. Il faut attendre l’année dernière pour que Thulth, le second paraisse et qu’il se produise enfin en France. Entre ces deux disques, Tamer Abu Ghazaleh a joué dans plusieurs formations , sortes de super groupes pan-arabes réunissant des musiciens et amis libanais, égyptiens ou jordaniens. Ils y proposent une sorte de synthèse de ce qu’on écoute quand on vit aujourd’hui dans le monde arabe, qu’on s’intéresse à la musique et qu’on a trente ans : de la musique classique arabe mais aussi du rock, de l’electro et de la folk musique. Il y eut d’abord Kazamada avec Donia Massoud, Zeid Hamdan et Mahmoud Radadeih  et plus récemment il y eut Alif, dont on ne saurait trop vous recommander le Aynama-Rtama paru chez Nawa en 2015, et dont la pochette arbore les couleurs et les beaux oiseaux du peintre Semaan Khawam. Tamer se tourne aussi vers le théâtre et compose pour la compagnie  AlTamye de Salam Yousry.

Portant magnifiquement la langue contemporaine de Mahmoud Darwich, de Naguib Sourour, de Tamim Al-Barghouti, celle, ancienne, amoureuse et délirante, de Mejnoun, celui qu’on surnomme le fou de Laylâ, ou tout simplement la sienne, c’est peu de dire que Tamer Abu Ghazaleh est au centre de l’effervescence musicale qui agite le Monde Arabe. Il faut ajouter que ce touche à tout génial est à l’initiative de la plateforme musicale Eka3 et de la création du label Mostakell. Il faut aussi ,quand on est musicien  au Caire, construire aussi les structures qui rendent audible sa musique. Il produit enfin le premier album de Maryam Saleh, sa compagne.

On a aussi longtemps parlé avec Tamer Abu Ghazaleh. On réserve les mots pour un entretien à venir.

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Tamer Abu Ghazaleh est en concert le 17 mai, à Périgueux (Le Sans Réserve), le 19 mai à Montpellier  (Festival Arabesque au Domaine d’O), le 22 mai à Paris (Comedy Club), le 24 mai à Tourcoing (Le Grand Mix) et le 3 juin à St Malo (Etonnants voyageurs). Il reviendra cet été pour quelques dates à Nantes (le 27 juillet, Aux Heures d’été), à Paris (le 29 juillet, New Morning All Stars) et en Tunisie, au festival de Hammamet (le 30 juillet).

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Fractured Air x Blogothèque – S02E04 | April mix http://blogotheque.net/2017/04/27/fractured-air-x-blogotheque-s02e04-april-mix/ http://blogotheque.net/2017/04/27/fractured-air-x-blogotheque-s02e04-april-mix/#comments Thu, 27 Apr 2017 13:00:16 +0000 http://blogotheque.net/?p=25432 Each month, Craig and Mark from Irish music website Fractured Air will curated an exclusive mix on Blogothèque with old favourites, new comers, excerpts of interviews and premieres.
Listen to previous episodes -

fracturedair_april17

April’s mixtape opens with “I Can’t Find Water”, album opener for Hauschka’s latest full-length What If, yet another monumental and sprawling opus courtesy of the Dusseldorf-based artist Volker Bertelmann. Recorded mainly in Berlin with Francesco Donadello, What If gloriously mirrors Hauschka’s own transcendental live performances, where worlds of both analogue and digital (a mixture of various synthesisers, grand pianos, player pianos and percussive instruments) effortlessly interweave in scintillating long-form compositions. What If is the sound of a producer as much as a pianist, confirming Hauschka as one of brightest burning jewels in independent music today.

Berlin-based and Stockholm-born songwriter Molly Nilsson releases her much-anticipated new full-length Imaginations this May, the follow-up to 2015’s stunning Zenith LP. Night School Records have also been busy re-issuing Nilsson’s back catalogue in recent times, most recently with the re-issue of her breakthrough second LP Follow The Light.

One of the year’s most staggering releases comes (once again) courtesy of James Leyland Kirkby’s The Caretaker project. Everywhere at the end of time is the epic six-album odyssey (April saw the release of “stage two”) which will take three years to conclude. The series draws upon the conceptual framework of dementia, and how the disease impacts the mind and memory. In the words of Kirkby, “The second stage is the self realisation and awareness that something is wrong with a refusal to accept that. More effort is made to remember so memories can be more long form with a little more deterioration in quality. The overall personal mood is generally lower than the first stage and at a point before confusion starts setting in.

April’s mixtape also features a selection of new releases from: Clark’s Death Peak (Warp); Forest SwordsCompassion (Ninja Tune); Nan Kolè’s Malumz EP (Black Acre); Mary Lattimore’s Collected Pieces (Ghostly International); Homeboy Sandman’s Veins (Stones Throw) and Mount Eerie’s A Crow Looked At Me (P.W. Elverum & Sun).

01. Hauschka – “I Can’t Find Water” (City Slang / Temporary Residence)
02. Forest Swords – “Arms Out” (Ninja Tune)
03. John Hassell – “Miracle Steps” (Optimo Music)
04. Clark – “Catastrophe Anthem” (Warp)
05. The xx – “A Violent Noise” (Four Tet Remix) (Young Turks)
06. Talaboman – “Samsa” (R&S)
07. Nan Kolè – “Bayefal” (Black Acre)
08. Vex Ruffin – “Front” (Stones Throw)
09. Homeboy Sandman – “Bamboo” (Stones Throw)
10. Chromatics – “Circled Sun” (Italians Do It Better)
11. Bibio – “Feeling” (Knx Remix) (Warp)
12. Dunkelziffer – “Colours and Soul” (Emotional Rescue)
13. Lewis Furey – “Lewis is Crazy” (Aquarius)
14. Scott Walker – “Montague Terrace (In Blue)” (Philips)
15. Angelo Badalamenti – “Love Theme” (Mulholland Drive OST, Milan)
16. Mount Eerie – “Toothbrush / Trash” (P.W. Elverum & Sun)
17. Dinah Washington & Max Richter – “This Bitter Earth / On the Nature of Daylight” (La French OST, Gaumont, Légende Films)
18. Vashti Bunyan – “If I Were” (FatCat)
19. Mary Lattimore – “We Just Found Out She Died” (Ghostly International)
20. Leandro Fresco and Rafael Anton Irisarri – “Cuando El Misterio Es Demasiado Impresionante, Es Imposible Desobedecer” (A Strangely Isolated Place)
21. Orcas (with Martyn Heyne) – “Into the Night” (Soundcloud)
22. Molly Nilsson – “A Song They Won’t Be Playing On the Radio” (Dark Skies Association / Night School)
23. Helado Negro – “Runaround” (Alternate Mix) (RVNG Intl)
24. Julia Holter – “Lucette Stranded On the Island” (Live at RAK) (Domino)
25. The Caretaker – “The way ahead feels lonely” (History Always Favours The Winners)

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Fractured Air is an online music webzine based in Cork, Ireland, which focuses on the best of independent music. Having started in July 2012, Fractured Air offers in-depth interviews, insightful reviews, original artwork and frequent mixes (including guest mixes), spanning the broad spectrum of today’s independent music scene.

Compiled by Fractured Air, April 2017. The copyright in these recordings is the property of the individual artists and/or record labels. If you like the music, please support the artist by buying their records.

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Josh T. Pearson & Arianna Monteverdi http://blogotheque.net/2017/04/26/josh-t-pearson-arianna-monteverdi/ http://blogotheque.net/2017/04/26/josh-t-pearson-arianna-monteverdi/#comments Wed, 26 Apr 2017 13:08:34 +0000 http://blogotheque.net/?p=25427 La dernière fois que nous avions filmé Josh T. Pearson, il y avait déjà des murs colorés, couverts de graffitis. Il y avait déjà ce soleil de fin de journée, une ville indolente à peine attentive au troubadour qui psalmodiait dans ses rues. Josh T. Pearson avait à l’époque les cheveux longs et la barbe fournie des prophètes, qui masquaient son visage et donnaient à son regard une force indéniable.

Quelques années plus tard, les cheveux sont courts, la barbe taillée, le regard toujours aussi perçant, mais comme plus apaisé. Comme si Josh était revenu d’un long voyage, revenu à la vie après un long pélerinage. Moins à vif, tout aussi intense. Accompagné de la chanteuse Arianna Monteverdi, il commence une longue balade, une prière country, qui transpire l’Amérique des grands espaces, de l’ennui et de la ferveur religieuse. C’est beau, c’est lent, c’est puissant.

Puis il se retourne et part gratter sa guitare le long d’un chemin, et c’est comme si l’on retrouvait le barde d’il y a six ans. Son jeu de guitare contemplatif pourrait durer des heures, accompagner son pas lent jusqu’à l’épuisement. Il y a de la ferveur, oui, une espèce de sagesse aussi, dans cette guitare. Et la ville, derrière, qui continue sa vie, avec ses ados au cheveux ras qui grimpent sur le haut des immeubles (ne ratez pas la fin).

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Maintenant ! الآن http://blogotheque.net/2017/04/20/maintenant/ http://blogotheque.net/2017/04/20/maintenant/#comments Thu, 20 Apr 2017 13:06:22 +0000 http://blogotheque.net/?p=25410 Avec OISEAUX-TEMPÊTE Frédéric D. Oberland et Stéphane Pigneul se sont choisi un patronyme qui appelle le grand large. La première moitié suggère les voyages au long cours, le défi à la pesanteur et les chants qui sont des augures et des oracles. La seconde renvoie volontiers au chaos des éléments, ceux qui obscurcissent le ciel mais qui paradoxalement portent presque toujours la promesse de lendemains radieux. Il est fait pour ces aires d’incertitude dans lesquelles les jeux de dés n’abolissent jamais le hasard.blogo - 03 Oiseaux-Tempête 2017 © As Human Pattern

AL-‘AN ! الآن  (« maintenant ») est la troisième étape de ce projet né en 2012 d’une question double, politique et esthétique. Comment faire une œuvre qui parle du temps présent,  qui en soit tout à la fois la représentation, le miroir fidèle, mais aussi le lieu d’un questionnement, de rencontres, d’expériences sensibles qui conjurent ce sentiment d’impuissance qui est le lot de notre contemporain, et qui puissent ouvrir le présent sur un futur commun. Question incessante et lancinante du Que faire ? qui nous saisit à chaque événement qui ébranle notre croyance en l’histoire, défait la communauté, et condamne la scène du monde au non-sens, comme le rappelait l’un des derniers textes de Jean-Luc Nancy publié en 2016.

Construire du commun, attester de quelque chose, donner du sens, exister en somme, refuser la catastrophe pour ponctuer le moment présent, de moments de respiration, en le perçant de lignes et en lançant des ponts qui sont autant géographiques que temporelles,  c’est ce à quoi Frédéric D. Oberland, Stéphane Pigneul et Ben Mc Connell se sont appliqués dès OISEAUX-TEMPÊTE (Sub rosa/ST),  premier essai paru en 2013, après une série de voyages effectués avec le documentariste Stéphane Charpentier dans la péninsule grecque, alors en pleine crise politique, économique et sociale. Cette Grèce, où le logos et la démocratie sont nés, aux prises avec le capitalisme globalisé, offrait la première confirmation que les crises qui secouent le vieux monde méditerranéen sont le prisme à travers lequel se lisent au mieux les enjeux contemporains.

Au post-rock ascensionnel né de longues plages improvisées du premier, allaient répondre en 2015, les décharges électriques d’UTOPIYA ? , une œuvre brute, lyrique et d’inspiration plus free, enregistrée en trois jours avec le saxophoniste Gareth Davis et avec la voix incantatoire du groupe punk néerlandais, The Ex : G.W. Sok. Mêlant leur musique au travail du photographe Yusuf Sevincli, aux mots du poète Nazim Hikmet ou de Tarkovski, OISEAUX-TEMPÊTE poursuivait son périple vers le levant et prenait cette fois-là, le pouls de la société turque sur les cendres des manifestations de Gezi. Celles-ci avaient révélé un an plus tôt la véritable nature du gouvernement islamo-conservateur au pouvoir. Elles avaient été tout à la fois un incroyable moment d’espoir et de Liban-45désillusion pour la jeunesse stambouliote révoltée. Erdoğan était sur le point de se faire réélire. C’est à ce moment-là qu’on les avait rencontrés et qu’on les avait filmés.

 

Qu’à la fin du mois de février 2016, Frédéric D. Oberland et Stéphane Pigneul viennent traquer l’épiphanie et les collisions heureuses au Liban, le temps d’un premier séjour à Beyrouth, précisément au cœur de cette « aire des tempêtes » comme l’appelle l’un de ses historiographes officiels, relève presque de l’évidence. Avec ses 17 communautés et l’imbrication culturelle et religieuse que cela suppose, sa frontière commune avec la Syrie et Israël, ses nombreux réfugiés, palestiniens et syriens, les stigmates d’une guerre civile qui a duré quinze ans,  ce petit pays enclavé mais ouvert sur la mer apparait comme un concentré des enjeux politiques du Moyen-Orient.

Mais il y avait surtout la musique : celle de Jerusalem in my Heart, le collectif interdisciplinaire emmené par le montréalais Radwan Ghazi Moumneh, ou celle particulièrement vivace de la scène underground locale, qui a fière allure à côté de la scène Cairote, avec tous ces musiciens dont l’activité se situe aux confluences des musiques actuelles, du rock que de la musique traditionnelle. Frédéric D. Oberland et Stéphane Pigneul les ont découverts à travers les disques du collectif The Dwarfs of East Agouza, du duo noise Two or the Dragon, du groupe pan arabe Alif emmené au chant par le palestinien Tamer Abu Ghazaleh, du Johnny Kafta Anti Vegetarian Orchestra, de Maurice Louca ou de Malayeen. « Tenter l’incandescence, à l’unisson ou dans les contrastes, se mettre en danger, tendre des ponts sans exotisme ou sans orientalisme policé, entre noise, rock, free jazz, musiques traditionnelles et onirisme poétique avec des artistes dont les albums et les travaux nous semblaient résonner avec le nôtre, voilà ce qui nous tenait à cœur lorsque nous sommes arrivés plein de candeur là-bas » confient-ils.

Ils ont la chance d’avoir pour intercesseurs deux membres du Johnny Kafta, le guitariste Charbel Haber (Scrambled Eggs) et le percussionniste Sharif Sehnaoui (Karkhana, Alan Bishop, Okay Temiz). Travaillant comme à leur habitude dans l’urgence, la spontanéité et sans matériau pré-écrit, ils se retrouvent à jouer sur des scènes improvisées ou en studio avec Charbel, Sharif, Ali El Hout et Abed Kobeissy (Asil ensemble for contemporary classical Arabic music, Two or the Dragon), Patrick Semerdjian ou la jeune oudiste,  Youmna Saba. Chacun arrive avec son vocabulaire, créant dans l’instant les modalités d’un dialogue sans règles fixées.  Ces quelques sessions au studio Tunefork, ou dans l’appartement qu’ils louent à Mar Mikhael, non loin du port où s’entassent les déchets de la ville, suffiront à donner naissance à l’essentiel de ce que l’on peut entendre sur AL-‘AN. Les sessions sont complétées en Bretagne et à Paris avec notamment le batteur Sylvain Joasson (Mendelson), le magicien Mondkopf, le saxophoniste Stéphane Rives  et les voix de Tamer Abu Ghazaleh et de  G.W. Sok. Un dernier séjour à Beyrouth vient boucler la boucle à l’automne dernier.

Le hasard – ces coups de dés qui hantent les poèmes de Darwich et de Mallarmé – allait faire le reste et mettre OISEAUX-TEMPÊTE au cœur de cette réalité beyrouthine qu’ils enregistrent, prennent en photo ou filment au gré des pérégrinations avec Grégoire Orio & Grégoire Couvert (As Human Pattern). Ils l’arpentent du centre vers la périphérie, de la plaine vers la montagne. Ils y captent les manifestations de la jeunesse politisée contre SOLIDERE – le quartier privatisé du centre de Beyrouth fondé par Rafic Hariri-, les élections carnavalesques du Général Aoun à la présidence, l’odeur âcre et persistante des ordures qui sont au cœur d’un scandale financier, les images des martyrs sur les drapeaux, les impacts de balles sur les immeubles, les milices armées, mais aussi l’hospitalité et la générosité des amitiés que l’on offre sans compter, ces frontières étanchLiban-38es entre fête et travail qui placent le plaisir au cœur du faire ensemble, et une certaine manière de s’en remettre au hasard pour que  les  choses adviennent ou pas.

Avec AL-‘AN ! الآن (and your night is your shadow – a fairy tale of piece of land to make our dreams), OISEAUX-TEMPETE réalise à ce jour, son œuvre la plus complexe, la plus riche par les textures acoustiques, électroniques et électriques qui le parcourent de leurs ondes ou l’ébranlent, la plus labyrinthique, mais aussi la plus personnelle. C’est un album où les parisiens tiennent leur programme immersif et physique comme jamais.

Album sismographe, sensible à la pulsation des cœurs, aux beats hypnotiques des machines  et aux explosions de matières, AL-‘AN ! الآن  tient aussi la forme plus intime du carnet de voyages, chaque plage procédant de la note prise sur le vif, de l’esquisse, posant ainsi chacune une atmosphère différente, et construisant petit à petit un édifice d’une cohérence extrême, malgré l’éclatement de la structure. La clé de voûte ne se révèle que dans la dernière partie du voyage : cette quatrième face qui contient les 17 minutes épiques de « Through the speech of star » et s’achève sur les brumes vaporeuses de  « À L’aube ».

AL-‘AN ! الآن  procède volontiers d’une logique de la profusion, de l’hétérogène et de la ligature. Non seulement parce qu’il mêle les langues : l’arabe, le français, l’anglais et se propose de faire dialoguer l’occident et l’orient mais parce qu’il ménage ainsi des temps d’errance (« I Don’t Know What Or Why (Mish Aaref Eish w Leish »), de doutes et de rêveries nocturnes, et des temps de ferveur, d’énergie compacte et ramassée.  Le sentiment de claustration trouve son pendant dans les trouées à ciel ouvert qui découvrent les cieux étoilés. Au bruit chauffé à blanc répondent des silences, des vides ou des moments de douceur alors inédits dans la musique d’OISEAUX-TEMPÊTE, au chaos urbain, l’harmonie des espaces infinis. Les chants sacrés (émouvants échos du « Wa habibi » de Fairuz entendu au détour d’une rue pendant un Vendredi Saint et présent sur « Carnaval ») succèdent aux poèmes profanes, ceux de Mahmoud Darwich bien-sûr dont on entend la voix sur « The Offering », ou dont le « Discours de l’homme rouge »  résonne dans « Through the speech of stars ». La parole poétique rencontre la parole militante, la langue articulée trouve son pendant dans le cri anonyme, ou dans les chants des oiseaux.

AL-‘AN ! الآن  est une œuvre chorale qui brouille les origines, évite l’exotisme orientalisant, fait tenir ensemble dans ce maintenant, les vivants et les morts, le monde et nous, la souffrance et le bonheur d’être ici. Là et maintenant. Une chose est sûre. Cette nuit qu’il déploie est tendue vers le jour, et Eros n’a pas dit son dernier mot. Il est tout tendu vers ce point d’exclamation-sursaut-jouissance-cri qui se trouve au centre de nos deux mondes, au centre de ce titre qu’il faut lire de gauche à droite et de droite à gauche, simultanément. Ce n’est pas un pont qu’il jette entre Orient et Occident comme il serait trop tentant de le dire. La proposition serait par trop tempérée. C’est une exigence, une manière de se tenir et de sentir ensemble que ce point d’eclamation exprime. On jette un pont entre deux mondes. Ici, ils n’en font qu’un.

-AL-‘AN ! الآن  est disponible depuis le 14 avril et paru sur le label Sub Rosa. Les OISEAUX-TEMPÊTE sont en tournée en France et en Belgique à partir du 28 avril. Les dates sont disponibles ICI.

- Chapeau introducteur extrait du poème « A Beyrouth » de Mahmoud Darwich, publié en 2007, par les éditions Actes Sud dans la traduction d’Elias Sanbar.

- Photos. AS HUMAN PATTERN (Grégoire Orio & Grégoire Couvert). Merci à eux.

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Wedding – Rocket Ship http://blogotheque.net/2017/04/18/wedding-rocket-ship/ http://blogotheque.net/2017/04/18/wedding-rocket-ship/#comments Tue, 18 Apr 2017 13:55:25 +0000 http://blogotheque.net/?p=25411 On a déjà parlé plusieurs fois ici de Wedding et comme on est du genre fidèles, on avait encore envie de prendre de leurs nouvelles.

Initialement porté par un duo, le projet est maintenant celui de Thomas Craig, piloté depuis Manchester.
Pas d’essoufflement pour autant ! Après la réédition de son premier EP, Ruth, en juillet dernier, Wedding a accueilli quelques nouvelles paires de bras (Rory Cook, Rich James, Joey Frances et An-Tim Nguyen) pour travailler sur un album influencé par Big Star, Spacemen 3 et le travail de production de Phil Spector.
Ce premier album, Mania Wathever est disponible depuis le 23 mars sur le label suédois Maternal Voice.

Le second single «Rocket Ship» a aujourd’hui sa vidéo, réalisée – comme celles des titres «18» et «Ruth» – par George Haydock, on vous la propose en avant-première :

Commander l’album Mania Wathever sur bandcamp

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Maud Octallinn – Super fière sur mon bulldozer http://blogotheque.net/2017/04/14/maud-octallinn-mon-bulldozer/ http://blogotheque.net/2017/04/14/maud-octallinn-mon-bulldozer/#comments Fri, 14 Apr 2017 12:58:11 +0000 http://blogotheque.net/?p=25407 Maud Octallinn chante d’une voix très haute, qui peut sembler très fragile, en permanence sur le point de se briser, mais qui au final ne romp jamais. Une brindille super forte et super décidée, prête à s’armer d’un Bulldozer pour s’aider à avancer, et à tout casser devant elle.

Cette fragilité et cette volonté sont toutes les deux à l’oeuvre dans le clip qu’elle a confié à Vincent Pianina et Bertrand Sallé. Son petit personnage ne résisterait pas à une brise, mais avance vaille que vaille grâce à sa grosse machine, dans un univers froissé et apocalyptique.

La grande force des réalisateurs, c’est d’avoir su donner une vraie teinte, une atmosphère sombre juste à partir de papiers déchirés. La délivrance, une fois le gigantesque mur cassé, n’en est que plus belle. Des images de bric et de broc dont la poésie donne encore plus de chair à cette belle comptine opiniâtre.

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Peter Silberman – Impermanence at The Glass House | Part Four: “Maya” http://blogotheque.net/2017/04/12/peter-silberman-impermanence-glass-house-part-four-maya/ http://blogotheque.net/2017/04/12/peter-silberman-impermanence-glass-house-part-four-maya/#comments Wed, 12 Apr 2017 13:12:08 +0000 http://blogotheque.net/?p=25402 On an unseasonably warm day in November, the dancers Rebecca Margolick and Stephanie Crousilat met me on the lower level of Grand Central Station to board a northbound train to New Canaan, Connecticut, the birthplace of the mid-century modern movement in American architectural movement and site of Philip Johnson’s Glass House, where we would bring Peter Silberman to record a series of dance and music performance films with the songs of his new album, Impermanence, at the heart.

Clothed in the designs of Wolcott-Takemoto, perfectly-toned to the falling leaves around them, Rebecca and Stephanie drew Peter and I from landscape to landscape, interior and exterior, in a weaving and meandering exploration of the lines and planes of Philip Johnson’s master work.


Peter Silberman’s new album, “Impermanence”, is available now.

April 18London, UK @ St. John on Bethnal Green
April 19Leeds, UK @ Headrow House
April 20Glasgow, UK @ The Glad Cafe
April 21Dublin, IE @ Unitarian Church
April 23Brussels, BE @ Rotonde Botanique
April 24Paris, FR @ Le Pop Up du Label
April 25Amsterdam, NL @ Het Zonnehuis

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Fractured Air x Blogothèque – S02E03 | March mix http://blogotheque.net/2017/03/29/fractured-air-x-blogotheque-s02e03-march-mix/ http://blogotheque.net/2017/03/29/fractured-air-x-blogotheque-s02e03-march-mix/#comments Wed, 29 Mar 2017 12:15:06 +0000 http://blogotheque.net/?p=25386 Each month, Craig and Mark from Irish music website Fractured Air will curated an exclusive mix on Blogothèque with old favourites, new comers, excerpts of interviews and premieres.
Listen to previous episodes -

fracturedair_march17

For March’s mixtape, we are excited to share two exclusive tracks, by Reykjavík-based composer Valgeir Sigurðsson (Iceland/Bedroom Community) and Berlin-based percussionist and drummer Andrea Belfi (Italy/Float).

Valgeir Sigurðsson releases his hugely anticipated new solo work Dissonance (the follow-up to 2013’s mesmerising Architecture Of Loss LP) on April 21st via Icelandic independent label Bedroom Community (founded by Sigurðsson in 2006). Recorded and produced between September 2015 and November 2016 at his Reykjavík-based Greenhouse Studios, Dissonance confirms Sigurðsson as one of contemporary music’s most gifted and innovative composers in the modern classical realm. Dissonance features collaborators Liam Byrne and Reykjavík Sinfonia and features the monumental side-long title-track alongside two separate suites: “No Nights Dark Enough” (in five parts) and the three-part “1875”.

The Italian-born and Berlin-based artist Andrea Belfi releases his sublime full-length Ore – excitingly the first for Float – which comprises his finely-honed craft as a gifted drummer and percussionist, using his own trusted sound set-up (a Saari drum-kit from Finland and a Nord modular and sampler). In recent times, Belfi’s name has reached a wider audience while collaborating and touring with the Nils Frahm-led, Berlin-based three-piece Nonkeen (R&S Records). Ore will be released on 26 May 2017 via Float.

Numero Group – the ever-indispensable archival and reissue specialists – this month issued the definitive double-album retrospective on The Creation, the short-lived but hugely influential 1960’s mod-rock group. Entitled Action Painting, the double-album set features the complete Creation studio recordings as well as tracks from The Creation’s predecessors, The Mark Four (featuring future Kinks bassist John Dalton).

March’s mix also features new releases from: Colin Stetson; Feist; Nathan Fake; Forest Swords; The Shins; Spoon; Demen and Kelly Lee Owens.

01. Nick Cave & Warren Ellis – “Mars Theme” (Mars OST, Milan)
02. Andrea Belfi – “Lead” (Float)
03. Blanck Mass – “Rhesus Negative” (Sacred Bones)
04. Moiré – “Auteur (Outro)” (Ghostly International)
05. Lusine – “Witness” (feat. Benoît Pioulard) (Ghostly International)
06. Earthen Sea – “About That Time” (Kranky)
07. Demen – “Niorum” (Kranky)
08. Ben Frost – “Impossibilities” (Fortitude OST, SATV Publishing Limited/Sky, Mute)
09. Valgeir Sigurðsson – “No Nights Dark Enough II. infamy sings” (Bedroom Community)
10. Feist – “Pleasure” (Polydor)
11. The Creation – “Through My Eyes” (Numero Group)
12. Spoon – “Us” (Matador)
13. The Shins – “The Fear” (Columbia)
14. Ennio Morricone – “Un Uomo Da Rispettare” (Un Uomo Da Rispettare OST, Superior Viaduct)
15. High Plains – “Blood That Ran the Rapids” (Kranky)
16. Kelly Lee Owens – “Lucid” (Smalltown Supersound)
17. Forest Swords – “The Highest Flood” (Ninja Tune)
18. Nathan Fake – “HoursDaysMonthsSeasons” (Ninja Tune)
19. Colin Stetson – “In the clinches” (Constellation)
20. Actress – “X22RME” (Ninja Tune)
21. FKA Twigs – “Hide” (Young Turks)
22. Todd Terje – “Jungelknugen” (Four Tet Remix) (Olsen Norway)
23. Peaking Lights – “Little Flower” (Two Flowers)
24. Risco Connection – “Ain’t No Stopping Us Now” (Soul Jazz)
25. Madlib – “Cue 4” (Stones Throw)
26. Little Simz – “No More Wonderland” (AGE 101)
27. Rusangano Family – “Eyedentity” (Self-Released)

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Fractured Air is an online music webzine based in Cork, Ireland, which focuses on the best of independent music. Having started in July 2012, Fractured Air offers in-depth interviews, insightful reviews, original artwork and frequent mixes (including guest mixes), spanning the broad spectrum of today’s independent music scene.

Compiled by Fractured Air, March 2017. The copyright in these recordings is the property of the individual artists and/or record labels. If you like the music, please support the artist by buying their records.

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Hamilton Leithauser http://blogotheque.net/2017/03/27/hamilton-leithauser/ http://blogotheque.net/2017/03/27/hamilton-leithauser/#comments Mon, 27 Mar 2017 12:21:44 +0000 http://blogotheque.net/?p=25382 Comment vieillit la rage ? Comment laisser l’urgence s’émousser, par quoi la remplacer ? Hamilton Leithauser n’a jamais feint d’ignorer la question. Quand il était venu, il y a bien longtemps, donner une Soirée de Poche avec les Walkmen dans un chic appart haussmanien, elle commençait à se poser pour son groupe. Ils étaient ces écorchés taiseux, qui tous soutenaient sa fougue à lui, ce chanteur à la voix éraillé, ce garçon qui chantaient le menton haut. Ils étaient ensemble depuis dix ans, ils étaient au plus haut de leur art, et la question de l’après se posait déjà.

Huit ans plus tard, l’après est là. Les Walkmen se sont séparés, et Hamilton, dans l’une de ses premières chansons solo, chante ”I retired from my fight / I retired from my war / No one knows what I was fighting for / I don’t even know myself anymore”. Il n’a pourtant pas renoncé, loin de là. On sent moins les blessures qui brûlent à vif, certes. Il y a plus de récit, moins de colère. Mais la voix est encore là, fière de ses cicatrices, capable d’incroyables montées en puissance, et accompagnée d’un nouveau groupe qui la soutient d’arrangements riches. Hamilton prend le public par la main, lui raconte des histoires, ses chansons sont presque joueuses par moment. Ce n’est pas exactement la paix, c’est peut-être la maturité. Cela donne en tout cas de belles soirées.

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Woods http://blogotheque.net/2017/03/22/woods/ http://blogotheque.net/2017/03/22/woods/#comments Wed, 22 Mar 2017 14:13:20 +0000 http://blogotheque.net/?p=25375 La météo était – comme à son habitude – contre nous : régulièrement, la pluie se mettait à tomber de manière complètement désordonnée, puis s’arrêtait, puis recommençait, tant et si bien qu’on ne savait plus vraiment s’il fallait mettre ou faire tomber nos K-Way, sortir ou ranger nos camera et les instruments du groupe.

Dans les moments de calme, nous avions la sensation que l’été essayait vainement d’éclore dans le parc de Vincennes, que ce mois de juin pourri allait, d’un jour à l’autre, se terminer, et que les vrais beaux jours nous donneraient un peu de répit jusqu’à la rentrée.

En attendant, cette saleté de pluie continuait de jouer à cache-cache avec nos tentatives de filmer Woods dans les bois (vous l’avez ?), jusqu’à ce qu’un petit chaton viennent court-circuiter l’affaire et plonger tout le groupe et notre équipe dans une session de câlins infinie.

Woods sera en concert le 23 mars à Amiens, le 24 mars à Bordeaux, le 25 mars à La Rochelle, le 27 mars à Paris (Maroquinerie), le 28 mars à Feyzin et le 5 avril à Montpellier. Toutes les dates de la tournée européenne sont à retrouver sur le site du groupe.

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